Internet des objets : les pièges à éviter

Faits saillants

  • 63%des entreprises s’attendent à rentabiliser leurs investissements en IdO en 3 ans seulement.1
  • 2/3compagnies qui ont des projets IdO actifs prévoient même en implanter d’autres au cours des prochaines années.2

Cabinet-conseil Gartner Étude IoT signal

L’implantation d’une solution d’Internet des objets dans une entreprise lui permet d’optimiser ses opérations, d’améliorer la productivité de ses employés et de rehausser ses produits et services. Certaines erreurs commises au début du processus pourraient cependant hanter l’entreprise plus tard. Voici les pièges à éviter.

Penser à court terme

Les entreprises qui adoptent l’Internet des objets, ou IdO (nom donné aux milliards d’objets connectés dans le monde), font souvent l’erreur de sous-estimer la croissance des projets. Il y a un effet boule de neige au sein des entreprises, qui accumulent les technologies IdO.

Il ne faut pas s’étonner du succès de l’Internet des objets. L’entreprise qui adopte une telle solution peut s’attendre à un retour sur investissement rapide. Il y a bien des chances qu’elle veuille répéter l’expérience. Selon l’édition 2021 de l’étude IoT Signals, publiée par Microsoft, les trois premiers bénéfices de l’Internet des objets sont l’optimisation des opérations (55 %), la productivité des employés (50 %) et la réduction des fermetures imprévues causées par l’entretien des outils et des équipements (49 %).

les trois premiers bénéfices de l’IdO

  • 55%L'optimisation des opération
  • 50%La productivité des employés
  • 49%La réduction des fermetures imprévues causées par l’entretien des outils et des équipements

Étude IoT signal

D’après le cabinet-conseil Gartner, 63 % des entreprises s’attendent à rentabiliser leurs investissements en IdO en 3 ans seulement. Deux compagnies sur trois qui ont des projets IdO actifs prévoient même en implanter d’autres au cours des prochaines années, selon l’étude IoT Signals.

« Il est important de choisir des solutions évolutives », observe Charles Coutu, directeur du développement de produits en mobilité et Internet des objets pour Vidéotron Affaires. « On s’attend à ce que les besoins des entreprises évoluent », rappelle le directeur. On doit pouvoir mettre à jour les solutions adoptées au départ. Elles doivent bien s’intégrer à un écosystème plus large. D’autres pièces s’ajouteront probablement au casse-tête.

Toujours selon l’édition 2021 de l’étude IoT Signals, les coûts élevés liés à la mise à l’échelle représentent la première cause d’échec des solutions de l’Internet des objets. Pour une entreprise, le choix de technologies IdO qu’il sera facile de faire passer d’un projet pilote à une solution à grande échelle peut faire toute la différence.

Les solutions qu’adopte l’entreprise, qu’il s’agisse des appareils ou de la plateforme de connectivité, par exemple, doivent être adaptables à ses besoins d’avenir. La mise en place d’un petit projet viable est une bonne façon d’implanter une solution rapidement, mais cela ne doit pas dicter ce qu’il sera possible de faire par la suite. L’entreprise doit réfléchir sérieusement à ses besoins et à ses ambitions avant de mettre en place une solution d’Internet des objets.

Une entreprise qui voit à long terme devrait privilégier une plateforme d’Internet des objets de nouvelle génération. Les plateformes de nouvelle génération offrent des avantages considérables. Ouvertes et compatibles avec les interfaces de programmation (Application Programming Interface, ou API), elles permettent d’accéder facilement aux informations brutes accumulées par les objets connectés. Cela permet d’améliorer la surveillance de l’analyse de l’ensemble des données, des comportements désirés et de l’automatisation entre les objets connectés.

« Grâce aux plateformes de nouvelle génération, nous pouvons utiliser les logiciels que l’on souhaite pour profiter de nos données », ajoute Bruno Crispin, directeur, Produit et Stratégie – Solutions Mobilité et IoT Affaires chez Vidéotron Affaires.

Une plateforme d’ancienne génération pourrait convenir à l’implantation d’un projet spécifique d’Internet des objets, mais elle ne serait probablement pas adaptée au développement de ce projet.

Opter pour une mauvaise solution de connectivité

Les capteurs et les appareils de l’Internet des objets peuvent communiquer entre eux de différentes façons. Grâce à la bonne solution de connectivité, l’entreprise peut optimiser ses coûts, simplifier la recharge des capteurs et des appareils et avoir une technologie assez puissante pour ses besoins.

Prenons pour exemple le cas d’une municipalité qui souhaiterait suivre la crue des rivières en installant différents capteurs un peu partout le long des berges sur son territoire. La technologie LoRa, par exemple, pourrait intéresser cette municipalité. Relativement aux besoins de bande passante limités d’un tel projet, le protocole est suffisant; cette technologie permet de couvrir une superficie plus grande qu’un réseau Wi-Fi; et les capteurs de niveaux des rivières peuvent fonctionner pendant 10 ans sur une seule charge. Une connexion sur le réseau mobile 5G, par contre, nécessiterait une recharge plus fréquente, qui ferait exploser les coûts d’exploitation pour la municipalité.

D’autres projets, les caméras de surveillance connectées par exemple, auront besoin d’une bande passante plus élevée, et probablement d’une connectivité cellulaire.

  • Grâce aux plateformes de connectivité modernes, une entreprise peut gérer efficacement ses objets à distance.

Dans le cas des caméras de surveillance connectées, le choix d’une plateforme de connectivité de nouvelle génération s’impose. « Les nouvelles plateformes offrent beaucoup plus de latitude au client. Il peut configurer lui-même son forfait avec ces plateformes, activer des lignes et gérer sa connectivité selon ses besoins du moment », explique Charles Coutu. Ces plateformes sont d’ailleurs internationales. Une compagnie de sécurité installée à Montréal qui décide de brancher une caméra de surveillance en Alabama pourra le faire à l’aide de son système actuel, sans devoir trouver un nouveau fournisseur aux États-Unis.

Grâce aux plateformes de connectivité modernes, une entreprise peut gérer efficacement ses objets à distance. « Les plateformes nous permettent d’interagir avec les équipements sans avoir à nous déplacer, comme lorsqu’on redémarre un appareil », note Bruno Crispin. Pour une entreprise qui doit changer, par exemple, les paramètres de 10 000 capteurs connectés pour qu’ils puissent se lier à un nouveau réseau, le fait de ne pas avoir besoin d’envoyer du personnel sur place simplifie considérablement l’opération.

Qu’il s’agisse de grands projets IdO ou de plus petits projets, la gestion simplifiée des plateformes peut avoir un impact considérable sur les besoins de main-d’œuvre. En ces temps de pénurie, cet avantage est particulièrement intéressant.

Sous-estimer la sécurité

Les choix qu’une entreprise effectue tôt dans le processus d’implantation d’un projet IdO pourront avoir de grands bénéfices à plus long terme par rapport à la sécurité de ses données.

Les entreprises ne doivent pas mettre l’accent seulement sur les grands projets où des données personnelles ou confidentielles sont en jeu. L’innocuité de certains types de données n’est pas une raison pour prendre la sécurité à la légère. Même si le réseau d’une entreprise ne fait que noter la température à certains endroits sur un territoire, il peut être la cible de pirates. Pendant la première moitié de 2021, la firme de sécurité Kaspersky estime que 1,51 milliard d’attaques ont été effectuées contre l’Internet des objets.

  • Pendant la première moitié de 2021, la firme de sécurité Kaspersky estime que 1,51 milliard d’attaques ont été effectuées contre l’Internet des objets.

Les pirates cherchent parfois à voler des données. Dans bien des cas, ils tentent simplement de prendre le contrôle des objets connectés pour les transformer en réseaux zombies et effectuer des attaques sur d’autres réseaux, ou même pour miner des cryptomonnaies.

Les réseaux zombies peuvent coûter cher. Une étude de l’Université de Californie à Berkeley a estimé que l’attaque d’un site Web en 2016 par le réseau zombie Mirai a engendré des coûts d’environ 17 $ par appareil en électricité et en données utilisées. Dans bien des cas, il a fallu remplacer les appareils infectés. Faut-il préciser que la qualité de l’expérience vécue par les utilisateurs a diminué?

Lorsque des données personnelles sont en jeu, la situation est encore pire. Selon IBM Security, une attaque informatique au Canada coûte désormais en moyenne 6,75 millions de dollars à l’entreprise qui la subit.

Les entreprises peuvent heureusement se protéger. « Les solutions de connectivité de nouvelle génération permettent d’isoler le réseau des attaques externes », rassure Charles Coutu. Ces solutions simplifient la gestion des appareils à distance, y compris l’installation de mises à jour. Le réseau est bien protégé, même après plusieurs années.

Il importe de prendre en considération dès le début d’un projet d’implantation d’une solution d’Internet des objets la nécessité de mettre les appareils à jour, pour éviter les mauvaises surprises après quelques années. Notons qu’une stratégie de sécurité devrait aussi impliquer d’autres éléments, comme l’évaluation des risques.

Adopter un écosystème fragmenté

« Pour une entreprise qui prévoit son premier déploiement IdO, le fait de devoir intégrer un grand nombre d’appareils et de logiciels peut mener vers un fiasco», estime Bruno Crispin.

Si les réseaux zombies sont une menace à la sécurité, les réseaux « Frankenstein », quant à eux, constituent une menace à l’efficacité. Malheureusement, les entreprises ont tendance à commettre cette erreur. « Je peux magasiner et trouver des lots de cartes SIM sur Amazon, puis une plateforme IdO sur le Web et des passerelles sur Alibaba, et avoir l’impression que je fais une bonne affaire, car j’économise un peu d’argent à l’achat », illustre Bruno Crispin.

Avec le temps, un écosystème fragmenté s’avère toutefois plus fragile. Mises à jour incompatibles, pièces introuvables, solutions logicielles qui ont besoin d’un développement constant, appareils qui ne sont plus compatibles avec les nouveaux protocoles : ce qui, au début, semblait une économie peut se transformer en une dépense onéreuse. Cela peut souvent couler un projet ou faire en sorte qu’il ne passe pas du projet pilote à la mise à l’échelle.

« Il ne faut pas seulement considérer la fragmentation de l’écosystème, il faut également penser à la fragmentation des intervenants », poursuit Bruno Crispin. « Il est préférable de faire appel à un chef d’orchestre de bout en bout, un seul point de contact qui va te soutenir et t’aider à aller chercher les meilleurs partenaires d’affaires pour mettre ta solution en place », ajoute le directeur, Produit et Stratégie – Solutions Mobilité et IoT Affaires chez Vidéotron Affaires.

Il est heureusement facile, pour une entreprise, d’éviter tous ces pièges de l’Internet des objets. Elle doit prendre les bonnes décisions dès les premiers moments de l’implantation, par rapport à ses besoins actuels et futurs, et en se posant les bonnes questions dès le début de sa réflexion. Il est possible de s’éviter bien des problèmes en faisant affaire avec des entreprises sérieuses qui ont de l’expérience, qui fournissent un écosystème unifié et qui ont un réseau de partenaires fiables. Une entreprise qui tente de tout régler à l’interne, en confiant des projets IdO à des employés dont il s’agit peut-être du premier mandat du genre, pourrait facilement tomber dans l’un des pièges.

Sources :

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