Internet des objets : les questions à se poser avant de lancer un projet

Décider de mettre en place un projet Internet des objets est une chose, bien le faire en est une autre. Pour se lancer dans l’aventure du bon pied, il vaut mieux se poser les bonnes questions avant de commencer.

L’Internet des objets (IdO, de l’anglais Internet of Things, ou IoT) est désormais bien implanté dans les entreprises. En fait, selon l’édition 2021 de l’étude IoT Signals, publiée par Microsoft, pas moins de 90 % des décideurs sondés dans le monde affirment avoir au moins un projet actif en IdO. En tout, 66 % des décideurs prévoient même accroître leur utilisation de l’IdO d’ici deux ans.

Que vous mettiez en place un projet IdO à l’interne ou avec un partenaire, l’important est de vous poser les bonnes questions avant de prendre les premières décisions. Cela vous permettra de réaliser un projet qui répondra non seulement à vos besoins actuels, mais aussi à ceux dont vous ignorez encore l’existence.

Quelles sont mes attentes et quels sont mes besoins d’affaires?

Les raisons pour entrer de plain-pied dans l’Internet des objets sont nombreuses, et bien les cibler vous permettra de choisir les technologies appropriées.

Toujours selon l’édition 2021 de l’étude IoT Signals, l’assurance qualité est le principal facteur qui motive l’adoption de l’IdO, mais ce n’est pas le seul. L’optimisation des opérations, l’amélioration de la productivité des employés, la sécurité (des données, des appareils et des employés), la maintenance prédictive, la gestion de la chaîne d’approvisionnement, l’augmentation des ventes, la réduction de la consommation énergétique, le suivi du matériel, la recherche de l’innovation, et plusieurs autres raisons peuvent inciter les entreprises à adopter l’IdO.

Pour qu’un projet ait toutes les chances de réussir, celui-ci ne doit pas être lancé au hasard, sans aucun lien avec les objectifs de l’entreprise. « Il faut savoir quels sont les besoins d’affaires et voir comment le projet peut s’intégrer dans le plan stratégique de l’entreprise », précise Bruno Crispin, directeur Produit et Stratégie – Solutions Mobilité et IdO Affaires chez Vidéotron Affaires.

Qui va bénéficier des solutions IdO?

Une autre question à se poser est de savoir qui va bénéficier du projet IdO : l’entreprise, les employés ou les clients (consommateurs, citoyens ou autres, selon le secteur)? « Souvent, ce peut être plusieurs de ces réponses », lance Bruno Crispin. Par exemple, une entreprise de livraison qui met en place un système de suivi de son parc de véhicules peut avertir le client quand son colis s’apprête à arriver chez lui. Il peut aussi avertir les employés à l’entrepôt qu’un véhicule vide sera bientôt de retour. Ce système facilitera le travail des livreurs sur la route. Chacun y gagne.

Selon l’édition 2019 de l’étude IoT Survey du cabinet-conseil PwC, les décideurs qui ont mis en place un projet IdO ont observé une amélioration de la confiance dans les relations d’affaires avec leurs clients (58 %), leurs fournisseurs (54 %), leurs investisseurs (54 %) et les employés (53 %).

La question se pose aussi pour le secteur public. Une ville qui met en place une solution de collecte intelligente des déchets, avec des capteurs RFID dans les bacs, peut mieux gérer ses effectifs. Elle peut revoir ses routes et les jours de collecte dans certains secteurs, pour que l’horaire corresponde à la réalité sur le terrain. Une promotion ciblée pourrait aussi être mise en place dans les rues où le taux de compostage est faible, afin d’inciter les résidents à en faire plus pour l’environnement.

Dans ce dernier cas, optimiser ces opérations permet non seulement de réduire les dépenses de la ville, cela permet aussi d’améliorer l’expérience client en plus de constituer un geste positif pour la communauté et l’environnement.

Savoir à qui s’adresse un produit déterminera le choix des technologies à adopter et des outils qui seront nécessaires une fois le projet implanté. Un système d’information géographique professionnel (en anglais, geographic information system, ou GIS) est probablement suffisant pour les besoins des employés d’une ville, mais une application Web sera nécessaire si les citoyens doivent, eux aussi, consulter l’information captée par les objets connectés.

Comment gérer mes données?

Les projets Internet des objets permettent de collecter des données telles que la crue des eaux dans une rivière, le suivi d’une chaîne de froid, la température dans les chambres d’un hôtel. Chaque capteur installé produit de l’information qui peut être consultée, traitée et analysée.

Le but peut être de faire un suivi dans le temps (comme mesurer l’ensoleillement dans un champ au cours de l’été), ou de faire quelque chose de plus complexe, comme recevoir une alerte lorsqu’une valeur anormale est détectée (un réfrigérateur dont la porte aurait été laissée ouverte, par exemple) ou encore, d’automatiser une tâche (commander automatiquement un produit lorsque le niveau d'inventaire est bas).

« Les différents projets ont besoin de différentes plateformes pour visualiser ces données », note Bruno Crispin. Par exemple, une société de transport en commun qui souhaite suivre ses autobus aura besoin d’une interface utilisateur graphique (en anglais, graphical user interface, ou GUI), alors qu’une usine voudra plutôt traiter les nouvelles informations à l’aide d’algorithmes prédéfinis. Plusieurs plateformes IdO déjà établies sur le marché permettent d’y arriver. Celles-ci sont variées, et chacune a ses forces et ses caractéristiques précises.

« En planifiant correctement les projets, on peut trouver les solutions qui permettront d’éviter le piège de la fragmentation, comme dans le cas d’une entreprise qui a besoin de quatre plateformes différentes pour gérer ses données », ajoute le directeur Produit et Stratégie – Solutions Mobilité et IdO Affaires chez Vidéotron Affaires.

Est-il possible d’ajouter de la valeur aux données?

Avoir un bon système Internet des objets en place permet non seulement d’automatiser certaines opérations qui étaient effectuées manuellement auparavant, mais aussi d’ajouter de la valeur aux données extraites.

L’Administration portuaire de Montréal, par exemple, possédait déjà un système de collecte, de gestion et de traitement des données. Avec l’aide de la supergrappe spécialisée en intelligence artificielle Scale AI et Ivado Labs, l’organisme a été en mesure de mettre en place une solution d’intelligence artificielle pour réduire au maximum le temps de séjour des conteneurs renfermant des produits médicaux critiques, notamment en lien avec la crise de la COVID-19. Sans l’Internet des objets, un tel système n’aurait pas pu être développé.

Une entreprise de chaussures dotée de la technologie nécessaire pour faire un suivi exact de ses inventaires peut quant à elle utiliser ses données pour profiter d’une solution d’intelligence artificielle, comme celle de l’entreprise canadienne find ai®. Cette solution lui permet de planifier ses achats, de gérer sa chaîne d’approvisionnement et de mieux répondre à la demande, le tout d’une façon propre à son industrie. Encore une fois, des objets connectés peuvent avoir été installés pour une autre raison, mais les données extraites peuvent ensuite décupler la valeur du projet initial.

Un tel usage secondaire ne doit pas forcément avoir été planifié, mais le projet Internet des objets doit être bien conçu pour permettre de profiter des données obtenues de la sorte. Connaître ce qui peut être fait en aval peut aider à choisir les bonnes plateformes et les bonnes technologies en amont.

Combien d’argent suis-je prêt à investir?

Avoir une idée de son budget (pour le projet pilote et pour les futures expansions) permet d’orienter ses recherches quand vient le temps de trouver les technologies qui peuvent répondre à ses besoins.

La bonne nouvelle est qu’un projet Internet des objets ne nécessite pas forcément de gros investissements. « Notre modèle d’affaires permet de payer à l’usage, il n’y a donc pas de grosse barrière à l’entrée ni de mauvaises surprises quand vient le temps de prendre de l’expansion. Il est possible de commencer petit, puis de croître quand on est prêt », explique Charles Coutu, directeur du développement de produits en Mobilité et Internet des objets pour Vidéotron Affaires.

Le temps nécessaire pour obtenir un rendement du capital investi varie évidemment d’un projet à l’autre, mais les solutions IdO sont souvent peu onéreuses, et offrent rapidement de grands bénéfices.

Quel est mon plan d’affaires à long terme?

De quoi aura l’air votre entreprise dans cinq ans? Prévoyez-vous croître, déménager ou explorer de nouveaux marchés? Et qu’en est-il de votre feuille de route IdO? Quels sont les autres projets que vous souhaiterez explorer?

Sans s’imposer une trop grande rigidité, se projeter quelques années dans l’avenir peut aider à déterminer l’ampleur de ses projets et l’ordre dans lequel on souhaite les implanter. Vos partenaires IdO pourront mieux vous conseiller s’ils savent où vous en êtes en ce moment, et où vous souhaitez vous diriger.

Par exemple, une entreprise ayant des visées mondiales pourrait bénéficier d’une plateforme de connectivité de nouvelle génération qui permet de mettre des objets connectés en service partout dans le monde, même si elle œuvre seulement au Québec pour l’instant.

Quel est mon niveau d’expertise interne concernant l’IdO?

L’expertise IdO varie grandement d’une entreprise à l’autre. Selon le cabinet-conseil Gartner, 61 % des entreprises possèdent un haut niveau d’expertise en matière d’Internet des objets.

« Nous avons des clients qui ont leurs propres développeurs dont le niveau de connaissance est élevé en ce qui concerne l’Internet des objets. Ces clients recherchent une solution en particulier, souvent pour l’intégrer à leurs opérations existantes. D’autres espèrent plutôt trouver un partenaire qui pourra les aider dans l’aventure », explique Charles Coutu.

Cela dit, l’un n’empêche pas l’autre : on peut avoir une grande connaissance de l’Internet des objets ET vouloir s’associer à un fournisseur technologique. « Même si l’entreprise est bien outillée, elle doit faire attention de ne pas tout mettre sur les épaules de l’équipe TI », avertit Bruno Crispin.

Être conscient de ses forces et de ses limites peut influencer le choix du type de solutions à adopter et nous inciter à trouver les bons collaborateurs, incluant un chef d’orchestre qui pourra mener le projet à terme, et le faire évoluer par la suite, pour répondre aux besoins futurs de l’entreprise.

Peu importe votre niveau d’expertise et la complexité de votre projet, les experts de Vidéotron Affaires peuvent vous aider à le mettre sur pied, avec l’aide de partenaires fiables, dont plusieurs sont basés au Québec. Ils pourront aussi vous aider à éviter les principaux pièges qui menacent la mise en place des projets Internet des objets.

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