La technologie au cœur des enjeux du système de santé

Faits saillants

  • 60%des consultations se sont déroulées virtuellement au Canada en avril et mai 2020.1
  • 80%des gens ayant eu une consultation virtuelle espèrent pouvoir continuer d’utiliser ce service après la pandémie.2
  • 74%Le taux d’utilisation quotidienne d’Internet chez les ainés au Québec.3

1Firme Deloitte 2Étude de Deloitte, mai 2020 3NETendances

Que ce soit pour pallier le manque de main-d’œuvre, pour améliorer la transformation numérique qui s’est accélérée avec la pandémie ou répondre aux besoins d’une population vieillissante, les technologies sont au cœur du système de santé d’aujourd’hui et de demain.

Accroissement des services en santé numérique à distance

  • Il est possible pour les établissements de santé d’offrir des services de téléconsultation médicale grâce à des plateformes telles qu’Olive Santé et Reacts.

Dire que la pandémie a favorisé l’adoption des services en santé numérique à distance est un euphémisme. Au Canada, en avril et mai 2020, 60 % des consultations se sont déroulées virtuellement, alors que la chose était réservée aux cas particuliers à peine quelques semaines auparavant, selon la firme de consultants Deloitte.

Et le son de cloche est le même partout. Pas étonnant que les investissements auprès des entreprises de santé numérique dans le monde sont passés de 13,56 milliards de dollars à 26,36 milliards de dollars entre 2019 et 2020, selon la firme de recherche Mercom Capital Group. Il s’agit d’une hausse de 103 %, dont les effets risquent de se faire sentir pour encore plusieurs années. Ça tombe bien : 80 % des gens ayant eu une consultation virtuelle espèrent pouvoir continuer d’utiliser ce service après la pandémie, selon une étude de Deloitte réalisée en mai 2020.

Le Québec tire très bien son épingle du jeu par rapport aux téléconsultations médicales, tant avec les solutions privées que celles pouvant être utilisées dans les hôpitaux et le système public.

Olive Santé, par exemple, offre aux Québécois un service privé de téléconsultation sans rendez-vous accessible de façon illimitée par abonnement, le tout directement à partir de leur téléphone intelligent ou de leur tablette. Signe que la solution plait, 95 % des utilisateurs d’Olive ont attribué à l’application un pointage de 5 étoiles à la suite d’une consultation avec un médecin en ligne de l’entreprise. La plateforme Reacts est quant à elle utilisée dans les établissements du réseau de la santé, et permet la messagerie instantanée et le transfert sécurisé de fichiers, la téléconsultation médicale et l’éducation à distance.

Pour offrir ces plateformes de téléconsultation médicale, les établissements de santé doivent se doter d’un réseau Internet robuste, comme la fibre dédiée de Fibrenoire. Une telle connexion augmente la sécurité du réseau, puisqu’elle n’est pas partagée, un élément particulièrement important dans le domaine de la santé. Pour une sécurité accrue, Fibrenoire offre également la sécurité infonuagique, une solution de sécurité de nouvelle génération qui protège les données sur le nuage Internet, y compris pour les utilisateurs en télétravail. Les téléconsultations effectuées de la maison sont donc aussi sécuritaires que les téléconsultations à l’hôpital.

C’est d’ailleurs l’un des trois éléments essentiels à considérer pour que le télétravail devienne durable en entreprise : le niveau de sécurité doit être le même à la maison qu’au bureau.

La fibre dédiée peut aussi être rapide (de 10 Mo/s à 10 Go/s, donc accessible autant aux petits cabinets privés qu’aux grandes institutions), et peut donc permettre de relier un plus grand nombre d’appareils simultanément.

Un réseau Wi-Fi professionnel devrait aussi être installé et accessible au personnel. Cette dernière caractéristique est d’autant plus importante que les praticiens ont de plus en plus besoin d’accéder à l’Internet avec leurs appareils mobiles, pour profiter des dernières innovations. Le service québécois Pathway MD, par exemple, est accessible à partir d'un téléphone ou d'une tablette et permet au médecin au chevet de son patient de consulter rapidement les plus récentes directives cliniques et les dernières recherches sur plus de 700 maladies.

Avec plus de 2 000 articles scientifiques médicaux publiés par jour, les médecins ne peuvent pas tout savoir. Un service comme Pathway MD, propulsé par une intelligence artificielle et révisé par des experts médicaux, leur permet de donner les meilleurs soins possibles à leurs patients. Mais encore faut-il qu'ils aient accès à une bonne connectivité Internet, partout dans l’hôpital.

L’Internet des objets pour pallier le manque de personnel

  • Des solutions peuvent venir compenser le manque de personnel telles que les capteurs connectés qui permettent de transmettre les données des patients en temps réel aux travailleurs de la santé.

La pénurie de personnel que l’on observe un peu partout dans la société (à ce jour, on dénombre 279 000 postes vacants au Québec selon Statistiques Canada) est particulièrement problématique dans le système de santé, où les effectifs réduits qui affrontent la pandémie depuis bientôt deux ans peinent à retrouver leur souffle. Résultat : non seulement il y a une pénurie de travailleurs, mais des milliers de ceux-ci doivent aussi souvent s’absenter pour diverses causes, notamment le surmenage. Selon une compilation du Journal de Montréal, près de 9 000 infirmières étaient malades ou en congé à la maison pendant l’automne.

Embaucher du nouveau personnel est malheureusement difficile. À défaut d’ajouter des forces fraîches, certaines technologies peuvent permettre de faciliter le travail des employés existants.

C’est particulièrement le cas de l’Internet des objets (IdO, ou Internet of things en anglais), le nom donné aux milliards d’objets connectés dans le monde.

Les exemples où l’IdO peut aider le système de santé sont nombreux. Les capteurs connectés facilitent, par exemple, la surveillance médicale à distance, où les signes vitaux et les données d’un patient à la maison peuvent être consultés en temps réel par les infirmières et les médecins. Non seulement le patient est bien installé chez lui, il libère en plus une place à l’hôpital et allège le travail du personnel.

La plateforme CareSimple, développée au Québec, permet par exemple de surveiller la tension sanguine, le taux de glucose, la capacité respiratoire, le poids et le taux d’oxygène dans le sang. La technologie s’est avérée particulièrement utile pendant la crise de la COVID-19, alors qu’elle était utilisée au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) pour surveiller à distance les patients atteints de COVID-19 dont le niveau de risque était moyen, mais elle peut aussi être déployée en temps normal pour le suivi à court ou long terme de certains patients.

Des capteurs connectés rendent aussi le personnel soignant plus réactif. En transmettant les données en temps réel aux travailleurs de la santé, ceux-ci sont en mesure d’intervenir plus rapidement. Pour les cas critiques, des alertes instantanées peuvent même être envoyées directement au médecin (par l'entremise d'un appareil mobile, par exemple).

Dans un sondage réalisé en 2019 auprès de décideurs du milieu de la santé, la firme de consultants PwC a identifié les principaux avantages de l’Internet des objets, et dans quelle proportion son adoption avait répondu aux besoins des établissements.

90 % des répondants ont affirmé que l’IdO leur avait permis d’améliorer leur prise de décisions grâce à de meilleures données, ou ils s’attendaient à ce que ce soit le cas d’ici deux ans. Dans l’ensemble, 84 % des répondants s’attendaient aussi à ce que l’Internet des objets améliore l’expérience des patients.

Notons que les objets connectés ont aussi des avantages du côté administratif, en facilitant la gestion des appareils médicaux, par exemple.

Santé : une hausse de la demande à prévoir

  • Plusieurs technologies permettent au réseau de santé d’offrir un meilleur service aux ainés, tout en désengorgeant les salles d’attente et les lits d’hôpitaux.

Le vieillissement de la population se poursuit au Québec. Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, la part totale des aînés dans la population grimpera à 25 % en 2031 et 28 % en 2066, comparativement à 18 % en 2016. En plus, le nombre de personnes âgées de 75 ans ou plus doublera durant les prochaines années, alors que celui des 85 ans ou plus s’accroîtra de 232 % d’ici 2036.

Le vieillissement de la population, conjugué à une amélioration de l’espérance de vie, se traduira par une pression plus grande que jamais sur le système de santé, avec une demande croissante en matière de soins de santé et de services sociaux. Après tout, plus du trois quarts des personnes de 65 ans ou plus ont au moins un problème de santé chronique, et la moitié en ont au moins deux.

La bonne nouvelle est que les aînés sont de plus en plus à l’aise avec les nouvelles technologies. En 2020, selon l’étude NETendances 2020 de l’Académie de la transformation numérique de l’Université Laval, 82 % d’entre eux avaient accès à l’Internet à la maison, une proportion qui devrait augmenter considérablement en 2021, puisque la pandémie a contribué à brancher de nombreux foyers. L’Opération haute vitesse du gouvernement du Québec, à laquelle Vidéotron contribue, devrait aussi rendre la haute vitesse accessible à tous les Québécois dès l’an prochain.

Durant la pandémie, l’organisme le Chez-Nous de Mercier-Est et Vidéotron Affaires ont d’ailleurs mis à la disposition de plus de 160 aînés défavorisés de Mercier-Est une connexion Internet sans fil (Wi-Fi) pour leur permettre d’accéder à de l’information, de communiquer avec leurs familles et de briser l’isolement.

De 2016 à 2020 seulement, le taux d’utilisation quotidienne d’Internet chez les aînés au Québec est passé de 51 % à 74 %, selon NETendances. Les différentes solutions technologiques pour faciliter les soins à distance sont donc en très grande partie accessible à cette tranche de la population, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années seulement. Les tablettes, possédées par 52 % des aînées au Québec, sont d’ailleurs particulièrement indiquées pour la téléconsultation médicale.

C’est une bonne nouvelle, puisque plusieurs technologies de santé ciblant directement les aînés existent. Des entreprises offrent par exemple des bracelets connectés pour identifier les chutes. Des technologies sont même en développement pour mesurer les perturbations dans les ondes Wi-Fi dans une maison afin de détecter quand un aîné fait une chute, et ce, même s’il ne porte aucun appareil connecté sur lui (ce qui est généralement le cas la nuit).

En intervenant plus rapidement en cas d’accident, et en suivant un patient de près grâce aux capteurs connectés qu’il peut avoir à la maison, les technologies permettent au réseau de santé d’offrir un meilleur service aux aînés, tout en désengorgeant les salles d’attente et les lits d’hôpitaux.

Avec les pressions observées depuis la crise sur le système et l’ouverture de la population à la télémédecine, incluant les aînés, profiter de ce qu’offrent ces nouvelles technologies est plus que jamais une nécessité.

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